Introduction

Dans cet article, nous allons causer estimation. Pourquoi ? Parce que c’est toujours source à discussion, parce qu’il y a plein de façons de faire et surtout on se plante tout le temps ! A travers cet article je vous parlerai de ma vision sur les estimations et ce que j’ai expérimenté.

Prends tes lunettes on va parler de vision !

Lors de toutes mes expériences j’ai été confronté à des demandes des plus saugrenues, « les développements sont chiffrés à combien ? », « ça sort quand ? » voire « le planning est à jour ? ». Évidemment quand on nous pose des questions comme ça, le premier « mauvais » réflexe, c’est de répondre ! Rien qu’avec la dernière question, on comprend bien que si on répond à l’une de ces questions, on va mentir. Le planning fait en début de projet et le retro planning de fin de projet n’a juste rien à voir !!! Alors la question est : « Pourquoi est-ce qu’on perd notre temps à faire des estimations et des plannings ? » Je reste intimement convaincu que l’on peut se passer de ces activités pas très intéressantes ni pour les dev (estimations) et pour les chefs de projet, Scrum Master et/ou PO qui font des plannings. En tout cas personnellement faire un truc qui est déjà obsolète/faux avant même de l’avoir terminé ça ne m’amuse pas vraiment.

Maintenant LA question : « Est-ce qu’un projet peut réussir sans planification ? » Si vous vous posez cette question, je vous conseille de suivre de près Frédéric Leguédois sur Twitter et d’aller jeter un coup d’œil à son site. J’ai eu l’opportunité de le rencontrer et d’assister à sa conférence son One Man Show intitulé « Cessons les estimations » lors d’un meetup organisé par le CARA à Grenoble. C’est un retour d’expérience sur les estimations et la planification très drôle et déconseillé aux âmes sensibles ^^. Si vous avez la chance qu’il passe près de chez vous, n’hésitez pas une seule seconde, allez-y !

Je vais prendre comme hypothèse que vous avez fait une pause dans la lecture de cet article et que vous êtes allés voir son One Man Show.

Maintenant que tout le monde sait que ça peut marcher et comment Frédéric l’a mis en place, on le fait sur nos projets ? Ah si seulement… Même si je suis convaincu que cela peut marcher, le faire accepter est, à mon avis, le plus gros challenge. L’être humain n’aime pas l’incertitude, il lui faut avoir toutes les réponses. Les estimations et les plannings fournissent ces réponses, aussi fausses soient-elles ! Arrêter les estimations demande un tel changement dans la tête des gens et aussi dans la façon d’organiser le travail, qu’il est très difficile à expérimenter chez des clients. Sachant que la planification en avance de phase ne fonctionne pas, quel risque prend-on à arrêter les estimations ?

On a compris, tu fais des estimations mais comment ?

Personnellement si estimation il doit y avoir, je recommande de chiffrer en points de complexité en utilisant la suite de Fibonacci. Le point de complexité n’est pas une notion temps. Du coup ce mode chiffrage permet de comparer la complexité de réalisation des stories entre elles. La suite de Fibonacci permet, elle, d’éviter trop de débats sur un chiffre exact. Comparer une complexité à 5 ou 6 est beaucoup plus difficile que 5 ou 8. L’idée derrière cela est de dire que plus c’est complexe moins on est précis. L’idéal étant d’avoir que des petites stories que l’on maîtrise, c’est le meilleur moyen de ne pas se planter ! A partir de chiffrages en points, on obtient une vélocité sur le sprint précédent en prenant en compte le travail terminé. Cela nous permet de calculer une vélocité supposée pour le prochain sprint à partir de la moyenne de la vélocité des sprints d’avant.

Dans un prochain article, je vous parlerai de « Comment on a abandonné le chiffrage en jour ? » mais il va falloir être patient 😉